Devenir apiculteur professionnel

Comment se préparer à devenir apiculteur professionnel ?

Devenir apiculteur professionnel répond à un cheminement particulier. Cette activité, devenue très technique, demande l’acquisition de très nombreuses connaissances, qu’il faut régulièrement mettre à jour. Il y a autant de techniques apicoles que d’apiculteurs. Les pratiques sont souvent induites par l’environnement dans lequel l’apiculteur s’implante, tout comme sa stratégie de développement d’exploitation. L’incertitude des conditions météorologiques d’une saison apicole ajoute au métier des avantages qu’il faut apprendre à reconnaitre et à saisir, et des inconvénients que l’on peut anticiper mais qui peuvent, tout de même, mettre en péril une exploitation. Dans ce contexte, la connaissance de la gestion d’entreprise est primordiale pour espérer mettre en place une exploitation viable et pérenne.

Un métier, qui se divise en plusieurs professions.

Les métiers de l’apiculture se divisent en différentes professions suivant l’environnement, mais également en fonction des exigences et de la technicité de l’apiculteur dans certains domaines.

L’apiculteur le plus connu est le producteur de miel, qui sillonne les marchés pour vendre sa récolte, mais il a aussi l’éleveur de reine (ou multiplicateur), le sélectionneur, le transformateur, le producteur de gelée royale, de pollen, de propolis… Ces professions peuvent aussi se combiner les unes aux autres dans une même exploitation et seront des ateliers distincts.

Un métier de plus en plus technique

Actuellement, nous observons chaque année un affaiblissement des colonies dans toute la France et l’Europe avec des causes multifactorielles. Les apiculteurs sont confrontés à différents fléaux et doivent adapter leurs pratiques et leurs renouvellements de cheptel pour obtenir une récolte suffisante afin de subvenir à leurs besoins.

Le frelon asiatique, le manque de ressources florales, les produits phytosanitaires, et le varroa ont obligé les apiculteurs professionnels à évoluer, à s’adapter, à acquérir plus de connaissances sur la biologie de l’abeille, mais également sur les cycles de vie de ses agresseurs.

Il est maintenant nécessaire pour toutes les exploitations de maitriser l’élevage de reines afin de développer et de renouveler le cheptel. Si ces exploitations ne sont pas autonomes quant à la quantité de reines nécessaires pour faire perdurer l’exploitation, ils doivent les acheter. L’achat de reines fécondées est une pratique devenue courante,  qui nécessite un budget conséquent. Ce savoir-faire et cette dépense induite se sont développés,  après les années 1980, en France.

Il n’est plus possible de s’improviser apiculteur. C’est un métier qui s’apprend, et qui évolue constamment. Les échanges avec des collègues ou avec des acteurs de la filière comme les associations de développement apicole (ADA), des associations d’élevage de reines (ANERCEA) ou encore avec des scientifiques (INRAE) sont très importants pour réussir à conduire son exploitation.

Un métier intense en fonction des saisons

La pratique de l’apiculture, à un niveau professionnel, implique un rythme de vie sujet à la saisonnalité des abeilles : la période très intense physiquement et intellectuellement en saison est suivie d’une période généralement plus calme en hiver, mais occupée par des activités autres que les visites de colonies et la récolte des produits de la ruche.

Une collaboration entre l’environnement et les pratiques de l’apiculteur est primordiale pour la survie des colonies. Pour pouvoir offrir les ressources nectarifères et pollinifères nécessaires au développement des colonies, l’apiculteur professionnel est obligé de transhumer ses colonies, c’est-à-dire de les déplacer dans un environnement plus favorable. Ainsi, l’apiculteur suit les floraisons qui se succèdent en espérant que les conditions météorologiques n’empêchent pas certaines essences de fleurir, et permettent aux abeilles de produire du miel.

L’acacia, par exemple, est très recherché par les apiculteurs car le miel d’acacia est très bien valorisé sur le marché. Et pour cause, l’acacia fleuri très peu de temps ; ses fleurs sont très fragiles. Un orage en pleine floraison peut mettre fin à la récolte du nectar par les abeilles, et les gelées du printemps peuvent également détruire la production de bourgeons floraux. C’est donc un miel qui peut devenir très rare en fonction des années.

Des compétences en gestion d’entreprise nécessaire

L’apiculture professionnelle implique également d’assurer la gestion d’une exploitation sujette à des écarts importants de trésorerie. La comptabilité n’est pas forcément le point fort de tous les apiculteurs, cependant c’est un passage obligé pour monter son entreprise.

Même si le niveau de production est difficile à prévoir sur plusieurs années, tout comme les pertes hivernales, l’apiculteur doit suivre un budget prévisionnel qu’il a pensé en amont et qui évitera les achats prématurés qui pourraient mettre en péril l’exploitation.

L’apiculture est une agriculture qui nécessite peu d’investissement comparée aux autres productions agricoles. En effet, un apiculteur n’a pas besoin d’acquérir un terrain pour y installer ses colonies, généralement les terrains sont mis à disposition ou loués par les propriétaires. L’apiculteur a besoin d’un bâtiment pour stocker son matériel et y installer une miellerie. En générale, il faut autant de surface en m2 que de colonies.

Échanger avec des professionnels, le meilleur moyen d’appréhender ce métier

Pour bien envisager son installation (rythme de vie, compatibilité avec sa situation familiale et personnelle, apprentissage du métier, localisation, types de production, priorisation des investissements de départ, etc.), il convient d’échanger au préalable avec des apiculteurs professionnels, formateurs ou techniciens apicoles, de consulter la littérature existante, ainsi que les ressources en ligne.

Tous les discours des apiculteurs ne se ressembleront pas, mais il est intéressant de se confronter à plusieurs visions du métier pour en comprendre les enjeux et s’armer d’astuces et de conseils pour créer son exploitation.

Dans sa formation longue, l’EHEA essaie au maximum de démontrer à ses élèves toutes les techniques possibles en apiculture tout en les aidant à faire des choix en fonction de leurs finalités de vie.

Plus d’informations sur la page « Notre formation longue »

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